L’ara bleu : couleurs du plumage, bec crochu et vol à battements lents
Sommaire9 sections
- 01Un grand perroquet à la silhouette contrastée
- 02Le vert, le turquoise et le jaune plutôt qu’un bleu uniforme
- 03Une intelligence qui se voit dans le comportement
- 04Des cris qui portent loin dans la canopée
- 05De l’argile pour neutraliser les graines toxiques
- 06Des forêts inondables aux palmeraies
- 07Un nid dans un palmier mort, une longévité rare
- 08Une espèce protégée par le commerce international
- 09Vivre en couple, se rassembler en groupe
« Ara bleu » désigne en réalité plusieurs perroquets différents, et cette confusion mérite d’être levée d’emblée. L’oiseau décrit ici, au dos turquoise et au ventre jaune, est l’ara bleu et jaune, Ara ararauna : ni l’ara hyacinthe, entièrement bleu cobalt, ni l’ara de Spix, beaucoup plus petit et aujourd’hui disparu à l’état sauvage.
Un grand perroquet à la silhouette contrastée
L’ara bleu et jaune mesure de 76 à 86 centimètres de long, queue comprise, pour une envergure de 105 à 115 centimètres et un poids d’environ 1 à 1,3 kilogramme. Son bec crochu et puissant, ses ailes larges et sa longue queue lui permettent à la fois une grande force de préhension et un vol soutenu sur de longues distances, porté par des battements amples et relativement lents pour un oiseau de cette taille.
Le vert, le turquoise et le jaune plutôt qu’un bleu uniforme
Le dessus de la tête est vert, les joues sont blanches et nues, marquées de fines lignes de petites plumes noires qui dessinent presque une empreinte digitale, unique à chaque individu. Un collier noir souligne la gorge. Le dos et le dessus des ailes affichent un bleu turquoise brillant, tandis que la poitrine et le ventre sont d’un jaune doré intense : c’est ce contraste qui distingue l’ara bleu et jaune de l’ara hyacinthe, uniformément bleu cobalt sur tout le corps.
Une intelligence qui se voit dans le comportement
Les aras bleus et jaunes résolvent des problèmes simples, comme atteindre une nourriture cachée derrière un obstacle, et reconnaissent individuellement les membres de leur groupe sur plusieurs années. Cette capacité cognitive, associée à leur longévité, explique pourquoi les couples restent formés sur de longues périodes et pourquoi un individu séparé de son partenaire peut manifester un stress durable, un trait documenté chez plusieurs grandes espèces de perroquets.
Des cris qui portent loin dans la canopée
L’ara bleu et jaune communique par des cris sonores et rauques, souvent décrits comme un « rraaah » répété, audibles à plusieurs centaines de mètres en forêt dense. Comme beaucoup de perroquets, il peut apprendre à imiter des sons et des mots en captivité, une capacité qui vient de sa mémoire vocale développée plutôt que d’une réelle compréhension du langage.
De l’argile pour neutraliser les graines toxiques
Le régime alimentaire se compose surtout de fruits, de noix, de graines et de pulpe, y compris de fruits encore verts que peu d’autres animaux consomment. Pour digérer certaines graines toxiques à ce stade, l’espèce se rassemble régulièrement sur des parois d’argile exposées le long des cours d’eau amazoniens : l’argile absorbe une partie des composés toxiques et permet à l’oiseau d’élargir son régime sans en subir les effets.
Des forêts inondables aux palmeraies
L’ara bleu et jaune occupe une large partie de l’Amérique du Sud et centrale, du Panama à la Bolivie et au Brésil, en passant par la Colombie, le Venezuela et la Guyane. Il fréquente la forêt tropicale humide, les forêts- galeries en bordure de rivière et les zones marécageuses ponctuées de palmiers, dont il dépend étroitement pour nicher.
Un nid dans un palmier mort, une longévité rare
La reproduction se fait dans une cavité, le plus souvent un tronc de palmier mort, où la femelle dépose deux à trois œufs incubés environ vingt- six jours. Les jeunes prennent leur envol vers trois mois et deviennent matures sexuellement entre trois et quatre ans. En captivité, l’espèce peut dépasser cinquante ans, une longévité exceptionnelle chez un oiseau de cette taille.
Une espèce protégée par le commerce international
Malgré son statut de préoccupation mineure, l’ara bleu et jaune figure à l’annexe II de la convention CITES, qui encadre le commerce international des espèces menacées ou susceptibles de le devenir. Le principal danger ne vient pas tant de la déforestation, qu’il tolère relativement bien grâce à sa large répartition, que du prélèvement pour le marché des oiseaux de compagnie, particulièrement actif dans certaines régions d’Amérique du Sud où les adultes reproducteurs sont capturés au nid.
Vivre en couple, se rassembler en groupe
Les aras bleus et jaunes forment des couples durables et se déplacent souvent en petits groupes familiaux, mais se rassemblent par dizaines, parfois par centaines, sur les dortoirs et les sites d’argile. Cette vie sociale intense repose sur une large gamme de cris qui servent à maintenir le contact entre partenaires et à coordonner les déplacements du groupe au sein de la canopée.
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