Le merle noir : plumage, chant et comportement au jardin
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Le merle noir mâle chante depuis le faîte d’un toit ou le sommet d’un arbre, à l’aube et au crépuscule, avec un répertoire qui varie d’un individu à l’autre et rarement à l’identique deux fois de suite. C’est l’un des chants les plus reconnaissables des jardins européens, et pourtant l’oiseau lui-même reste souvent mal identifié dès qu’il n’est plus noir, chez la femelle ou chez les jeunes.
Un chant qui ne se répète jamais tout à fait
Le chant du merle noir se compose de phrases flûtées, riches et posées, enchaînées sans grande répétition, contrairement à beaucoup d’autres passereaux qui répètent la même formule plusieurs fois de suite. Chaque mâle développe un répertoire personnel, capable d’incorporer des sons entendus dans son environnement, y compris certains bruits urbains. À cela s’ajoutent des cris bien distincts : un cri d’alarme au sol saccadé, souvent transcrit « tchink-tchink », déclenché par un chat ou un promeneur trop proche du nid, et un sifflement aigu et continu déclenché par le passage d’un rapace en vol, un signal que d’autres oiseaux du jardin reconnaissent et exploitent sans attendre de le vérifier eux-mêmes.
Vingt-trois à vingt-neuf centimètres, un mâle qu’on ne confond avec rien
Le merle noir mesure de 23 à 29 cm, pour une envergure de 34 à 39 cm et un poids de 80 à 125 g selon les individus. Le mâle adulte est intégralement noir mat, avec un bec orange vif et un cercle oculaire jaune qui ressortent nettement sur le plumage sombre. C’est l’une des rares silhouettes de jardin qu’on identifie sans hésitation, même de loin ou à contre-jour.
La femelle brune, souvent prise pour une grive
La femelle est entièrement différente : brun sombre, avec une gorge plus claire finement striée et une poitrine légèrement mouchetée, un bec brun terne sans aucune trace de jaune ou d’orange. Cette apparence lui vaut d’être régulièrement confondue avec la grive musicienne, autre passereau brun commun des jardins, au point que beaucoup de gens signalent avoir vu deux espèces différentes alors qu’ils n’ont observé qu’un couple de merles. La distinction se fait sur le motif de la poitrine : la grive musicienne porte des taches noires en forme de goutte, bien nettes et régulières sur fond crème, alors que le merle femelle n’a qu’un mouchetage flou et diffus, jamais aussi contrasté. Leurs chants diffèrent aussi nettement, la grive répétant chaque phrase deux à quatre fois de suite, ce que le merle ne fait jamais.
Un régime qui varie avec les saisons
Au printemps et en été, le merle noir se nourrit surtout au sol, de vers de terre, de larves et d’insectes qu’il débusque en retournant les feuilles mortes avec son bec. À l’automne et en hiver, son régime bascule largement vers les fruits et les baies, sorbier, lierre, houx ou fruits tombés au sol, une ressource qui remplace les vers de terre quand le sol gelé les rend hors de portée, quitte à défendre âprement un arbuste chargé de baies contre d’autres merles du quartier.
Deux à trois nichées de mars à juillet
La femelle construit seule un nid en coupe fait d’herbes et de mousse, consolidé par un peu de boue, généralement dissimulé dans une haie dense ou un arbuste bas. Elle y pond trois à cinq œufs, couvés environ deux semaines par elle seule pendant que le mâle nourrit et défend le territoire. Un couple élève en général deux à trois nichées entre mars et juillet, un rythme de reproduction qui explique en partie l’abondance de l’espèce dans la plupart des jardins européens, malgré une mortalité juvénile élevée durant les premières semaines hors du nid.
De l’Europe à l’Australie
Originaire d’Europe, d’Afrique du Nord et d’une partie de l’Asie, le merle noir a été introduit volontairement en Australie et en Nouvelle-Zélande au cours du dix-neuvième siècle par des colons qui souhaitaient retrouver les oiseaux chanteurs de leur pays d’origine. L’espèce s’y est parfaitement acclimatée et figure aujourd’hui parmi les passereaux les plus communs des villes australiennes, au point d’y être parfois considérée comme envahissante dans certains habitats naturels, où elle entre en concurrence avec des oiseaux indigènes pour les mêmes cavités de nidification.
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