Le faisan de Colchide : plumage, origine et comportement

découvrez le faisan de colchide, une espèce fascinante aux couleurs éclatantes et au comportement unique. plongez dans un portrait détaillé de cet oiseau majestueux, ses caractéristiques, son habitat et son importance dans l'écosystème.
Sommaire7 sections
  1. 01Un migrant venu du Caucase
  2. 02Un mâle en armure, une femelle invisible
  3. 03Une envolée qui claque comme un coup de fusil
  4. 04Une parade tout en couleurs
  5. 05Un régime opportuniste
  6. 06Un harem au sol, pas de couple
  7. 07Une population entretenue par l’homme

En France, la quasi-totalité des faisans de Colchide croisés dans les chemins ne sont pas nés à l’état sauvage : ils viennent d’élevages, lâchés chaque année pour la chasse. L’espèce elle-même vient d’ailleurs, du Caucase et d’Asie centrale, où elle habite les roselières et les lisières forestières depuis des millénaires. Ce grand gibier à la queue interminable et au plumage cuivré s’est si bien acclimaté qu’on le croit souvent autochtone.

Un migrant venu du Caucase

faisan de colchide mâle marchant dans l’herbe, plumage cuivré et tête vert bouteille irisée

Le faisan de Colchide, Phasianus colchicus, appartient à la famille des phasianidés, celle des poules, des perdrix et des paons. Son nom rappelle la Colchide, région historique du Caucase occidental correspondant à la Géorgie actuelle, où les Grecs anciens l’auraient découvert. Introduit en Europe depuis l’Antiquité puis largement diffusé à partir du Moyen Âge pour la chasse, il occupe aujourd’hui les campagnes du continent entier, des haies bocagères aux lisières de bois, en passant par les champs cultivés en bordure de couverts.

Un mâle en armure, une femelle invisible

Le dimorphisme sexuel est total chez cette espèce, au point que mâle et femelle semblent appartenir à deux espèces différentes. Le coq mesure de 70 à 90 cm, la queue comptant à elle seule pour près de la moitié de cette longueur, pour un poids de 1 000 à 1 400 g. Son plumage cuivré et doré, sa tête vert bouteille irisée et ses caroncules rouges autour des yeux en font l’un des gibiers les plus reconnaissables d’Europe. La poule, plus discrète, mesure entre 50 et 63 cm pour 700 à 1 000 g. Son plumage brun tacheté, sans aucun éclat, la rend presque invisible une fois posée au sol, un avantage décisif quand elle couve.

Une envolée qui claque comme un coup de fusil

Le faisan de Colchide préfère courir que voler. Au sol, il file entre les cultures avec une régularité déconcertante, réservant le vol aux situations d’urgence. Surpris de près, il s’élève presque à la verticale dans un bruit d’ailes sec et sonore, cri d’alarme à l’appui, avant de repartir en vol plané rapide sur une centaine de mètres. La nuit, il regagne les arbres pour échapper aux renards et aux fouines, alors qu’il passe la journée entièrement au sol.

Une parade tout en couleurs

Au printemps, le coq courtise en gonflant ses caroncules rouges jusqu’à les faire ressortir nettement de chaque côté de la tête, tout en dressant les deux petites touffes de plumes qui ornent son crâne. Il tourne autour de la femelle convoitée en traînant une aile au sol et en déployant sa longue queue en éventail, une posture qui met en valeur à la fois sa taille et l’éclat de son plumage. Ce rituel se répète auprès de chaque femelle du groupe, sans qu’aucun lien durable ne se forme entre les partenaires une fois l’accouplement terminé.

Un régime opportuniste

Omnivore, le faisan de Colchide picore des graines, des céréales tombées au sol et des insectes, complétant son régime avec des vers, des limaces et, à l’occasion, de petits reptiles. Cette souplesse alimentaire explique en partie son succès d’acclimatation en dehors de son aire d’origine : il s’adapte aussi bien aux lisières forestières qu’aux champs de maïs ou de colza.

Un harem au sol, pas de couple

La reproduction du faisan de Colchide repose sur la polygynie : un coq dominant rassemble et défend un groupe de plusieurs poules sur son territoire, sans participer ensuite à l’élevage des jeunes. Chaque femelle construit seule un nid sommaire à même le sol, dans les herbes hautes ou sous une haie, et y pond de 8 à 15 œufs entre avril et juin. L’incubation dure 23 à 25 jours. Les poussins, nidifuges, quittent le nid dès l’éclosion et suivent leur mère en quête de nourriture.

Une population entretenue par l’homme

L’UICN classe le faisan de Colchide en préoccupation mineure, un statut qui masque une réalité particulière : en France comme au Royaume-Uni, la majorité des oiseaux présents dans la nature proviennent de lâchers cynégétiques annuels, plusieurs millions d’individus chaque année. Sans cet apport, les populations sauvages, sensibles à la prédation et aux hivers rigoureux, se maintiendraient nettement moins bien dans la plupart des régions d’Europe de l’Ouest.

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