Le bouquetin de Nubie : habitat, alimentation et vie en harde
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Le bouquetin de Nubie est le plus petit des bouquetins connus, et de loin celui qui supporte le mieux la chaleur : il grimpe sur des falaises calcaires brûlantes du désert du Néguev ou du massif du Sinaï, là où aucun autre bouquetin ne s’aventure. Cette adaptation à l’aridité, plus que sa silhouette, le distingue nettement de ses cousins des hautes montagnes froides.
Le nain du genre Capra
Le bouquetin de Nubie (Capra nubiana) est un mammifère herbivore de la famille des bovidés, reconnu comme la plus petite espèce de bouquetin actuelle. Il occupe les massifs montagneux désertiques du nord-est de l’Afrique et du Moyen-Orient : Égypte, Soudan, Israël, Jordanie, Arabie saoudite et Yémen, avec une population désormais très réduite en Éthiopie voisine, qui abrite surtout le bouquetin d’Abyssinie, une espèce distincte traitée plus loin dans ce dossier.
Un mâle mesure de 100 à 125 centimètres de long pour une hauteur au garrot de 65 à 75 centimètres, et pèse de 35 à 75 kilos, la femelle restant nettement plus légère. Le pelage beige à brun clair, avec des pattes marquées de noir et de blanc, se fond dans la roche calcaire de son habitat.
Un désert vertical comme habitat
L’espèce vit jusqu’à 3 000 mètres d’altitude dans certains massifs, mais l’essentiel de ses populations se tient bien plus bas, sur des pentes rocheuses arides où l’eau se fait rare. Il se nourrit d’herbes, de feuilles, de bourgeons et de fruits, et peut passer plusieurs jours sans boire en tirant l’humidité nécessaire de la végétation.
Mâles solitaires, femelles en hardes
Les deux sexes vivent séparés une grande partie de l’année. Les femelles et les jeunes forment des groupes de plusieurs dizaines d’individus, tandis que les mâles adultes restent isolés ou en petits groupes, et ne rejoignent les femelles qu’à l’automne pour le rut.
L’activité se concentre tôt le matin et en fin d’après-midi, aux heures les plus fraîches ; le reste de la journée est consacré au repos et à la rumination à l’ombre d’un surplomb rocheux. Cette organisation du temps, dictée par la chaleur, n’a pas d’équivalent chez le bouquetin de Sibérie, actif sans interruption particulière sur ses pentes fraîches.
Prédateurs et vigilance des cabris
Le loup, le léopard et l’hyène tachetée comptent parmi les prédateurs du bouquetin de Nubie adulte, mais c’est l’aigle royal qui menace le plus les jeunes cabris isolés de leur mère. Les cabris se lèvent et marchent dans les heures suivant la naissance, une précocité qui limite le temps d’exposition au danger.
Deux bouquetins africains, deux statuts très différents
Le bouquetin de Nubie est classé vulnérable par l’UICN, avec un effectif mondial estimé à quelques milliers d’individus matures, en déclin dans plusieurs pays de son aire à cause de la chasse et de la concurrence du bétail. Son cousin d’Abyssinie, confiné à un seul massif éthiopien, se trouve dans une situation bien plus critique encore, avec une poignée de centaines d’individus recensés.
La longévité du bouquetin de Nubie dans la nature atteint 15 à 20 ans, un chiffre proche de celui observé chez les autres bouquetins. Des programmes de conservation existent dans plusieurs réserves du Sinaï et du Néguev, où le suivi des populations vise surtout à limiter la chasse illégale et à préserver les points d’eau dont l’espèce dépend en saison sèche.
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