Le bongo : antilope rayée des forêts d’Afrique centrale
Sommaire8 sections
- 01Deux bongos, deux destins
- 02Des cornes portées par les deux sexes
- 03Un pelage roux marqué de dix à quinze rayures
- 04Le charbon de bois, un complément minéral
- 05La sitatunga, l’antilope qu’on confond avec lui
- 06Vie sociale et reproduction
- 07Le léopard, seul vrai prédateur adulte
- 08Une espèce que la reproduction en captivité tente de sauver
Chez le bongo, les femelles portent des cornes aussi développées que les mâles, torsadées en spirale légère jusqu’à près d’un mètre, un trait que seul un tout petit nombre de bovidés partage. C’est l’un des repères qui permettent de reconnaître l’espèce dans la pénombre des forêts denses où elle vit, aux côtés d’un pelage roux rayé de blanc unique à chaque individu. L’animal reste pourtant l’une des antilopes les plus menacées d’Afrique : sa population de montagne, isolée au Kenya, ne compte plus qu’environ cent quarante individus sauvages.
Deux bongos, deux destins
Le bongo (Tragelaphus eurycerus) se divise en deux populations que tout sépare sauf l’allure. Le bongo des plaines, réparti du Cameroun à la République démocratique du Congo, reste relativement répandu dans les forêts d’Afrique de l’Ouest et centrale : l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) le classe quasi menacé. Le bongo de montagne, cantonné aux forêts d’altitude du mont Kenya et des Aberdares, a perdu la quasi-totalité de son effectif au cours du siècle dernier à cause du braconnage et de la déforestation. Il est classé en danger critique d’extinction, avec moins de cent cinquante individus recensés à l’état sauvage.
Des cornes portées par les deux sexes
Le bongo mesure entre 170 et 250 centimètres de long pour une hauteur au garrot d’environ 1,10 à 1,30 mètre. Les mâles pèsent de 220 à 405 kilos, les femelles de 150 à 235 kilos. Ses cornes, torsadées en spirale légère, atteignent 75 à 99 centimètres chez les meilleurs sujets, tout juste sous la barre symbolique du mètre. Fait rare chez les bovidés africains : les femelles en portent d’aussi développées que les mâles, un trait que ne partagent ni le koudou ni le nyala, ses cousins les plus proches.
Un pelage roux marqué de dix à quinze rayures
Le pelage roux acajou du bongo porte de dix à quinze rayures blanches verticales, uniques à chaque individu comme une empreinte digitale. Ce patron casse sa silhouette dans la pénombre du sous-bois et le rend presque invisible à quelques mètres, un camouflage redoutablement efficace contre le léopard, son principal prédateur adulte.
Le charbon de bois, un complément minéral
Le bongo broute feuilles, écorces, racines et fruits tombés, mais son comportement le plus singulier concerne le sel. Il fréquente régulièrement des points de salage naturels et va jusqu’à mâcher du bois calciné après le passage d’un feu de forêt ou la chute de la foudre, une source concentrée de sodium et de minéraux qu’aucun autre bovidé forestier n’exploite à ce point. Ce goût pour le charbon a été observé aussi bien chez les populations sauvages que chez les animaux réintroduits.
La sitatunga, l’antilope qu’on confond avec lui
Dans la même tribu des tragélaphes, la sitatunga partage avec le bongo la robe rousse rayée et la vie en forêt dense, ce qui entretient la confusion chez qui les observe de loin. Le terrain les sépare nettement : la sitatunga vit dans les marécages et zones inondées, avec des sabots longs et écartés qui répartissent son poids sur la vase, tandis que le bongo occupe les forêts sèches et denses, sur un sol ferme. Autre différence nette, les femelles sitatunga n’ont pas de cornes, contrairement aux femelles bongo.
Vie sociale et reproduction
Le bongo vit surtout en solitaire ou en petits groupes de femelles et de jeunes, les mâles adultes ne se joignant à eux que pour la reproduction. Son activité est plutôt crépusculaire et nocturne, ce qui limite encore les observations directes. La gestation dure environ 285 jours, soit neuf mois et demi, pour un seul petit par portée. Un bongo peut vivre jusqu’à 19 ans en captivité, une longévité rarement atteinte à l’état sauvage où le braconnage reste la première cause de mortalité adulte.
Le léopard, seul vrai prédateur adulte
Une fois passé le stade du faon, le bongo adulte n’a guère qu’un prédateur sérieux : le léopard, seul capable de le surprendre dans l’épaisseur du sous-bois où les chiens sauvages et les hyènes chassent moins efficacement. Face à une menace, le bongo rabat la tête en arrière pour coucher ses cornes le long du dos avant de foncer dans les fourrés, une posture qui lui évite de les accrocher dans la végétation en pleine fuite. Les jeunes, plus vulnérables, restent la cible occasionnelle des pythons et des hyènes tachetées.
Une espèce que la reproduction en captivité tente de sauver
Le bongo de montagne fait l’objet de programmes de réintroduction depuis le Kenya, où des individus nés en captivité, notamment aux États-Unis, ont été renvoyés vers les forêts d’altitude d’origine. Ces programmes restent fragiles : chaque naissance compte quand la population sauvage se compte en dizaines et non en milliers.
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