Le topi, une antilope des savanes africaines : allure, habitat, troupeaux
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Perché sur une termitière du Serengeti, à l’affût plutôt qu’en train de brouter, le topi est l’une des antilopes les plus répandues des savanes est-africaines. Sa robe brun-rouge tachée de noir sur les pattes et les flancs, sa bosse musclée à la base du cou et cette manie de surveillance en font un animal qu’on repère de loin dans le Serengeti ou le Masaï Mara, bien loin des rongeurs auxquels son nom prête parfois à confusion.
Une antilope, pas un rongeur
Le topi (Damaliscus lunatus) appartient à la famille des bovidés, dans la tribu des alcélaphinés, celle des gnous et des bubales. Un mâle adulte pèse en moyenne 137 kg pour une hauteur au garrot proche d’1,20 m, la femelle un peu moins, autour de 120 kg. Les deux sexes portent des cornes annelées en forme de lyre, longues d’une quarantaine de centimètres, plus courtes chez la femelle.
Le cousin du sassabi
Le topi et le sassabi, déjà présenté sur ce site, ne sont pas deux espèces distinctes mais deux formes du même ensemble, Damaliscus lunatus. Les naturalistes ont longtemps débattu de leur statut, allant jusqu’à proposer neuf espèces séparées avant que la classification de référence ne revienne, en 2021, à une espèce unique divisée en plusieurs sous-espèces. Le topi occupe l’Afrique de l’Est, du Kenya à la Tanzanie et à l’Ouganda, tandis que le sassabi vit plus au sud, en Namibie, au Botswana, en Afrique du Sud et au Zimbabwe. On les distingue surtout par la forme des cornes, plus resserrées à la base chez le sassabi, et par une robe un peu plus sombre, aux reflets pourpres, chez ce dernier.
Le masque sombre qui couvre le museau, les taches noires aux épaules et aux cuisses, et la teinte cuivrée du dos permettent de reconnaître le topi parmi les autres alcélaphinés à bonne distance, sans attendre de voir les cornes. Cette robe contrastée, presque luisante au soleil couchant, a longtemps intrigué les naturalistes du dix-neuvième siècle, qui la comparaient à un vernis.
Un guetteur perché sur les termitières
Le comportement le plus reconnaissable du topi est cette habitude de grimper sur une termitière ou un monticule pour scruter la plaine, à l’affût des lions ou des hyènes tapis dans les hautes herbes. En période de reproduction, les mâles se répartissent sur de minuscules territoires de quelques dizaines de mètres, serrés les uns contre les autres, où chacun tente d’attirer les femelles de passage : un système de parade collective assez rare chez les antilopes africaines, proche de ce qu’on observe chez certains oiseaux.
Troupeaux mêlés et grandes migrations
Le topi n’est pas un animal isolé. Il forme des troupeaux qui peuvent compter plusieurs centaines d’individus et se mélange volontiers aux gnous et aux zèbres lors des grandes migrations saisonnières entre le Serengeti et le Masaï Mara, en quête de pâturages frais après les pluies. Cette association profite aux trois espèces : plus de guetteurs, donc moins de risques pour chacun.
Vitesse et prédateurs
Le topi figure parmi les antilopes les plus rapides du continent, capable de pointes proches de 70 km/h sur de courtes distances, de quoi distancer la plupart de ses poursuivants. Les jeunes restent néanmoins des proies faciles pour les lions, les guépards, les léopards et les lycaons, et la synchronisation des mises bas, concentrées sur quelques semaines, dilue le risque en saturant les prédateurs de proies potentielles au même moment.
Reproduction et longévité
La gestation dure environ huit mois, pour la naissance d’un seul petit, capable de se tenir debout et de suivre le troupeau en quelques heures. La saison des naissances coïncide avec le début des pluies, quand l’herbe repousse et que la nourriture abonde pour les femelles allaitantes. Un topi vit rarement plus de quinze ans à l’état sauvage.
Statut de conservation
L’Union internationale pour la conservation de la nature classe le topi en préoccupation mineure, avec une population totale estimée à un peu plus de 400 000 individus. Certaines populations reculent pourtant nettement, en particulier là où l’extension des terres agricoles coupe les couloirs de migration entre les réserves. La survie de l’espèce dépend moins d’une menace directe que du maintien de ces grands espaces ouverts qui lui permettent de suivre les pluies. Dans les zones clôturées pour l’élevage ou l’agriculture, les populations de topi déclinent bien plus vite que ne le suggère le statut global de l’espèce, un décalage que plusieurs études est-africaines ont documenté ces dernières années.
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