Le kangourou roux (Macropus rufus), le plus grand des marsupiaux
Sommaire7 sections
- 01Le plus grand marsupial vivant
- 02Une vitesse réelle, sans exagération
- 03Un pelage qui varie selon le sexe et le climat
- 04L’intérieur aride du continent, un régime strictement végétal
- 05Des groupes organisés autour d’un mâle dominant
- 06Une espèce qui se porte bien
- 07Résister à la chaleur plutôt que la fuir
Une femelle kangourou roux peut porter trois petits à des stades de développement différents en même temps : un jeune qui tète encore au pied, un joey dans la poche et un embryon en pause de développement, prêt à reprendre sa croissance dès que la place se libère. Ce mécanisme, appelé diapause embryonnaire, distingue le kangourou roux de la quasi-totalité des mammifères et explique en partie le succès de l’espèce dans un climat aussi imprévisible que celui de l’outback australien.
Le plus grand marsupial vivant
Le kangourou roux, Macropus rufus, est le plus grand marsupial du monde. Le mâle mesure de 1,50 à 1,80 mètre de hauteur, pour un poids de 50 à 85 kilogrammes, alors que la femelle reste beaucoup plus petite, entre 1,20 et 1,50 mètre pour 20 à 35 kilogrammes. Cet écart de taille entre les sexes est l’un des plus marqués chez les mammifères australiens. La queue, longue de 90 à 120 centimètres, joue un rôle de balancier pendant les sauts et sert aussi de point d’appui, presque une cinquième patte, quand l’animal se redresse à l’arrêt.
Une vitesse réelle, sans exagération
En course, le kangourou roux atteint des pointes autour de 70 kilomètres par heure sur de courtes distances, et peut soutenir près de 40 kilomètres par heure sur plusieurs kilomètres sans se fatiguer, un rythme de croisière que peu de mammifères terrestres tiennent aussi longtemps. Un bond ordinaire couvre autour de 6 à 9 mètres en longueur ; les sauts records mesurés dépassent parfois 10 mètres, mais restent des exceptions plutôt que la norme.
Un pelage qui varie selon le sexe et le climat
Le pelage du mâle adulte est le plus souvent roux orangé sur le dos, ce qui vaut son nom à l’espèce, tandis que les femelles adoptent fréquemment une teinte plus grise, surtout dans les régions les plus arides. Le ventre reste clair chez les deux sexes. Le kangourou roux communique par des grognements sourds et des toussotements, mais aussi en frappant le sol du pied arrière, un signal d’alarme perçu à distance par les autres membres du groupe.
L’intérieur aride du continent, un régime strictement végétal
Contrairement à une idée répandue, le kangourou roux n’est pas l’animal des forêts côtières mais celui des plaines arides et semi-arides du centre de l’Australie, loin des grandes villes littorales. Il recherche les pâturages ouverts à proximité d’un point d’eau, qu’il peut parcourir sur de longues distances lors des sécheresses prolongées, un comportement nomade dicté par la disponibilité de la nourriture plutôt que par une saison fixe.
Herbivore, il se nourrit principalement d’herbes et de jeunes pousses, complétées à l’occasion de feuilles ou de graines selon ce que la sécheresse laisse disponible. Sa digestion, assurée par un estomac à plusieurs compartiments, rappelle celle des ruminants sans en être une, une convergence qui a longtemps intrigué les zoologistes.
Des groupes organisés autour d’un mâle dominant
Les kangourous roux vivent en groupes appelés mobs, de taille variable, où un mâle dominant s’assure la majorité des accouplements en écartant ses rivaux par des combats ritualisés, boxe avec les pattes avant et coups de pied arrière à l’appui. La gestation est très brève, 33 jours seulement, à l’issue de laquelle naît un unique petit, minuscule et aveugle, qui rampe seul jusqu’à la poche de sa mère pour s’y accrocher à une tétine.
Le joey reste attaché à la tétine pendant environ deux mois avant de commencer à explorer l’intérieur de la poche, qu’il ne quitte durablement que vers huit mois. Il continue ensuite à téter par intermittence jusqu’à un an environ, tout en apprenant à se nourrir seul. Cette longue dépendance limite le nombre de jeunes qu’une femelle peut élever, mais la diapause compense en partie cette lenteur en gardant toujours un embryon prêt à démarrer.
Une espèce qui se porte bien
Le kangourou roux ne figure pas parmi les espèces menacées : l’UICN le classe en préoccupation mineure, avec une population comptant plusieurs millions d’individus qui fluctue surtout au gré des sécheresses. Il fait même l’objet d’une gestion cynégétique dans certains États australiens, où sa surabondance locale entre parfois en concurrence avec l’élevage ovin sur les mêmes pâturages.
Résister à la chaleur plutôt que la fuir
Pour tenir dans un climat aride, le kangourou roux limite son activité aux heures fraîches, à l’aube et au crépuscule, et se repose à l’ombre durant la journée. Il régule aussi sa température en léchant l’intérieur de ses avant-bras, où le réseau de vaisseaux sanguins est dense juste sous la peau, un mécanisme de refroidissement simple qui lui évite de transpirer et donc de perdre de l’eau inutilement.
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