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    "content_markdown": "Deux croissants jaune orangé derrière la tête donnent son nom à la couleuvre à collier, la plus commune des couleuvres de France. Totalement inoffensive pour l’homme, elle mise avant tout sur la fuite, et quand la fuite échoue, sur une comédie assez spectaculaire : se retourner sur le dos, la gueule ouverte, en dégageant une odeur nauséabonde de charogne. C’est l’un des serpents les plus faciles à observer près d’un point d’eau, à condition de savoir ce qu’on regarde.\n\n## Un collier jaune, un ventre à damier\n\n![couleuvre à collier au sol, collier jaune orangé bordé de noir bien visible derrière la tête.](https://www.animaux-sauvages.com/wp-content/uploads/2024/05/-49.png)\n\nLa **couleuvre à collier** appartient au genre *Natrix*, un groupe de couleuvres européennes liées aux milieux humides. Elle se reconnaît d’abord à son collier, deux taches jaunes à orangées bordées de noir, situées juste derrière la tête : c’est le repère le plus fiable pour l’identifier sans hésitation. Le corps est gris olive à brun verdâtre sur le dessus, parfois marqué de petites taches sombres disposées en quinconce, et le ventre présente un damier noir et blanc caractéristique. Les femelles, plus grandes que les mâles, peuvent dépasser un mètre, certaines atteignant 1,20 à 1,50 mètre, tandis que les mâles restent le plus souvent sous les 80 centimètres. Sa pupille ronde, comme chez toutes les couleuvres européennes, permet de l’écarter d’emblée d’une vipère, qui a la pupille verticale.\n\n  **Le repère qui ne trompe pas**\n\nLe collier jaune orangé bordé de noir, juste derrière la tête, est propre à la couleuvre à collier parmi les serpents de France. Associé à une pupille ronde et à l’absence totale d’agressivité, il permet une identification fiable en quelques secondes.\n\n## Grenouilles et crapauds au menu\n\nLa couleuvre à collier chasse aussi bien sur terre que dans l’eau, ce qui explique sa présence quasi systématique à proximité des mares, étangs et cours d’eau lents. Son régime est dominé par les amphibiens : grenouilles, crapauds, tritons et têtards constituent l’essentiel de ses proies, complétées à l’occasion par de petits poissons. Une fois repérée, la proie est poursuivie puis saisie à la gueule et avalée vivante, sans venin ni constriction pour l’immobiliser.\n\n## Une vie plutôt solitaire, active de jour\n\nEn dehors de la période de reproduction et de l’hivernage, où plusieurs individus peuvent se regrouper dans un même abri, la couleuvre à collier vit seule. Elle est essentiellement diurne, avec une activité qui peut se prolonger en soirée lors des nuits chaudes d’été. Peu territoriale, elle peut parcourir jusqu’à un kilomètre en une journée à la recherche de nourriture ou d’un site de ponte, et mue plusieurs fois par an à mesure qu’elle grandit.\n\n  **Aucun danger pour l’homme**\n\nLa couleuvre à collier est totalement dépourvue de venin et ne cherche jamais l’affrontement avec l’être humain. Face à un danger, elle fuit dans la quasi-totalité des cas ; la morsure défensive reste rare et sans conséquence sérieuse au-delà d’une petite plaie superficielle.\n\n## Faire la morte plutôt que se battre\n\nQuand la fuite n’est pas possible, la couleuvre à collier déploie une défense spectaculaire appelée thanatose : elle se retourne sur le dos, ouvre la gueule, laisse pendre la langue et libère une sécrétion nauséabonde produite par des glandes situées près du cloaque, imitant l’odeur d’un animal mort et en décomposition. Ce faux cadavre décourage la plupart des prédateurs, qui évitent les charognes par précaution sanitaire. Près d’un point d’eau, elle préfère souvent une autre échappatoire : plonger et rester immergée plusieurs minutes, hors de portée d’un prédateur terrestre.\n\n## Ponte dans un tas de compost\n\nLa reproduction a lieu au printemps, en avril et mai, après la sortie d’hivernage. Les mâles ne se battent pratiquement jamais entre eux : ils rivalisent par des parades pour approcher une femelle, et l’accouplement, une fois obtenu, peut durer plusieurs heures. La femelle est ovipare : elle pond entre 10 et 40 œufs en juin ou juillet, souvent dans un tas de compost, de fumier ou de végétaux en décomposition, dont la chaleur naturelle assure une bonne partie de l’incubation. Les jeunes éclosent environ deux mois plus tard, en fin d’été, totalement autonomes dès la naissance.\n\n## À l’abri sous terre de novembre à mars\n\nReptile à sang froid, la couleuvre à collier ne peut pas rester active quand la température baisse trop. Elle hiverne de novembre à mars dans des terriers abandonnés, sous des souches, dans des tas de pierres ou parfois dans des bâtiments comme des granges et des caves, là où la température reste positive et stable. Son métabolisme ralentit fortement durant cette période sans s’arrêter complètement, et elle peut se montrer brièvement active lors d’un redoux hivernal. Le réveil a lieu en mars ou avril, juste avant la saison des amours.\n\n  **Cinq mois sous terre**\n\nLa couleuvre à collier hiverne de novembre à mars dans un abri à l’abri du gel, terrier, tas de pierres ou cave. Son activité reprend en mars ou avril, immédiatement suivie par la période de reproduction, en avril et mai.\n\n## Des prédateurs nombreux, à tout âge\n\nPlusieurs rapaces et échassiers s’attaquent à la couleuvre à collier : le circaète Jean-le-Blanc, spécialiste des reptiles, mais aussi la buse variable, l’épervier, le milan royal, le héron cendré ou encore la cigogne blanche. Parmi les mammifères, le renard roux, le blaireau, la fouine et la loutre d’Europe la chassent à l’occasion, tout comme le chat domestique près des habitations. Les jeunes, plus vulnérables, sont en plus la proie de corvidés comme la pie, le geai et la corneille, ainsi que des rats. Face à un prédateur, jeunes comme adultes recourent à la même parade : la thanatose, dos au sol, gueule ouverte et odeur nauséabonde à l’appui.",
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Elle se reconnaît d’abord à son collier, deux taches jaunes à orangées bordées de noir, situées juste derrière la tête : c’est le repère le plus fiable pour l’identifier sans hésitation. Le corps est gris olive à brun verdâtre sur le dessus, parfois marqué de petites taches sombres disposées en quinconce, et le ventre présente un damier noir et blanc caractéristique. Les femelles, plus grandes que les mâles, peuvent dépasser un mètre, certaines atteignant 1,20 à 1,50 mètre, tandis que les mâles restent le plus souvent sous les 80 centimètres. Sa pupille ronde, comme chez toutes les couleuvres européennes, permet de l’écarter d’emblée d’une vipère, qui a la pupille verticale.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-bleu\">\n<strong>Le repère qui ne trompe pas</strong>\n<p>Le collier jaune orangé bordé de noir, juste derrière la tête, est propre à la couleuvre à collier parmi les serpents de France. Associé à une pupille ronde et à l’absence totale d’agressivité, il permet une identification fiable en quelques secondes.</p>\n</aside>\n<h2>Grenouilles et crapauds au menu</h2>\n<p>La couleuvre à collier chasse aussi bien sur terre que dans l’eau, ce qui explique sa présence quasi systématique à proximité des mares, étangs et cours d’eau lents. Son régime est dominé par les amphibiens : grenouilles, crapauds, tritons et têtards constituent l’essentiel de ses proies, complétées à l’occasion par de petits poissons. Une fois repérée, la proie est poursuivie puis saisie à la gueule et avalée vivante, sans venin ni constriction pour l’immobiliser.</p>\n<h2>Une vie plutôt solitaire, active de jour</h2>\n<p>En dehors de la période de reproduction et de l’hivernage, où plusieurs individus peuvent se regrouper dans un même abri, la couleuvre à collier vit seule. Elle est essentiellement diurne, avec une activité qui peut se prolonger en soirée lors des nuits chaudes d’été. Peu territoriale, elle peut parcourir jusqu’à un kilomètre en une journée à la recherche de nourriture ou d’un site de ponte, et mue plusieurs fois par an à mesure qu’elle grandit.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-vert\">\n<strong>Aucun danger pour l’homme</strong>\n<p>La couleuvre à collier est totalement dépourvue de venin et ne cherche jamais l’affrontement avec l’être humain. Face à un danger, elle fuit dans la quasi-totalité des cas ; la morsure défensive reste rare et sans conséquence sérieuse au-delà d’une petite plaie superficielle.</p>\n</aside>\n<h2>Faire la morte plutôt que se battre</h2>\n<p>Quand la fuite n’est pas possible, la couleuvre à collier déploie une défense spectaculaire appelée thanatose : elle se retourne sur le dos, ouvre la gueule, laisse pendre la langue et libère une sécrétion nauséabonde produite par des glandes situées près du cloaque, imitant l’odeur d’un animal mort et en décomposition. Ce faux cadavre décourage la plupart des prédateurs, qui évitent les charognes par précaution sanitaire. Près d’un point d’eau, elle préfère souvent une autre échappatoire : plonger et rester immergée plusieurs minutes, hors de portée d’un prédateur terrestre.</p>\n<h2>Ponte dans un tas de compost</h2>\n<p>La reproduction a lieu au printemps, en avril et mai, après la sortie d’hivernage. Les mâles ne se battent pratiquement jamais entre eux : ils rivalisent par des parades pour approcher une femelle, et l’accouplement, une fois obtenu, peut durer plusieurs heures. La femelle est ovipare : elle pond entre 10 et 40 œufs en juin ou juillet, souvent dans un tas de compost, de fumier ou de végétaux en décomposition, dont la chaleur naturelle assure une bonne partie de l’incubation. Les jeunes éclosent environ deux mois plus tard, en fin d’été, totalement autonomes dès la naissance.</p>\n<h2>À l’abri sous terre de novembre à mars</h2>\n<p>Reptile à sang froid, la couleuvre à collier ne peut pas rester active quand la température baisse trop. Elle hiverne de novembre à mars dans des terriers abandonnés, sous des souches, dans des tas de pierres ou parfois dans des bâtiments comme des granges et des caves, là où la température reste positive et stable. Son métabolisme ralentit fortement durant cette période sans s’arrêter complètement, et elle peut se montrer brièvement active lors d’un redoux hivernal. Le réveil a lieu en mars ou avril, juste avant la saison des amours.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-violet\">\n<strong>Cinq mois sous terre</strong>\n<p>La couleuvre à collier hiverne de novembre à mars dans un abri à l’abri du gel, terrier, tas de pierres ou cave. Son activité reprend en mars ou avril, immédiatement suivie par la période de reproduction, en avril et mai.</p>\n</aside>\n<h2>Des prédateurs nombreux, à tout âge</h2>\n<p>Plusieurs rapaces et échassiers s’attaquent à la couleuvre à collier : le circaète Jean-le-Blanc, spécialiste des reptiles, mais aussi la buse variable, l’épervier, le milan royal, le héron cendré ou encore la cigogne blanche. Parmi les mammifères, le renard roux, le blaireau, la fouine et la loutre d’Europe la chassent à l’occasion, tout comme le chat domestique près des habitations. Les jeunes, plus vulnérables, sont en plus la proie de corvidés comme la pie, le geai et la corneille, ainsi que des rats. Face à un prédateur, jeunes comme adultes recourent à la même parade : la thanatose, dos au sol, gueule ouverte et odeur nauséabonde à l’appui.</p>",
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